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Belle île, mal de mer

vendredi 1er juillet 2011

Fabrice n’a qu’une parole, il m’avait promis de participer au maintenant traditionnel billet sur le blog. Vous avez failli attendre, mais le voilà, c’est l’essentiel ;-) ).

Par Fab


La navigation en Bretagne commence pour des parisiens par un réveil à une heure indécente et un TGV direction Vannes.

A l’entrée du port du Crouesty nous attend bel ami, fait tout propre pour l’occasion. Il faut tout d’abord apprendre à monter à son bord. L’espace et la luminosité de la cabine sont impressionnants. Je suis aussi très impressionné par l’électronique à bord, même si j’ai beaucoup de mal à comprendre quoi sert à quoi.

Une fois installé dans la spacieuse cabine, nous nous mettons rapidement en toute pour Belle-Ile en Mer. Nous partons au moteur sur une mer d’huile. Notre vitesse réduite nous permet de manger dans le cockpit du bateau et, pour les blancs parisiens que nous sommes (il faut dire que le capitaine de bel ami est déjà méconnaissable grâce à son nouveau teint hâlé).

Une erreur du captain dans les horaires des marées nous fait arriver au Port du Palais après la fermeture de l’écluse. Qu’à cela ne tienne, nous sommes de nombreux bateaux à être dans la même situation et à être attachés les uns aux autres dans la partie basse du port. Nous profitons donc de la situation pour tester l’annexe et une grande échelle métallique pour accéder en haut du port. Si après quelques apéros nous montons malgré tout l’escalier sans appréhension, nous craignons le pire pour après le dîner. Au final, les excellentes crêpes nous permettrons d’éponger suffisamment le champagne et la bière locale, nous permettant de regagner le navire pour un sommeil bien mérité.

Plein de bonne volonté au réveil, je me décide à aller acheter des croissants. Après la traversée sur l’annexe, la montée de l’échelle et un petit bout de marche pour rejoindre la boulangerie, je me rends compte que j’ai oublié de prendre de quoi payer, ce qui m’a laissé tout le loisir de ramer un peu plus.

Le départ vers 11h du port du Palais se fait de nouveau au moteur. Je fini par soupçonner le captain de nous avoir trompé sur la nature du bateau : les voiles existent-elles vraiment ? Y a-t-il du vent sur la côte Atlantique ? Nous essayons néanmoins de dresser le foc et la grand-voile. Après quelques minutes secoués par les vaguelettes et vaguement balancé par le pseudo-vent s’engouffrant dans les voiles, j’ai pu visiter la coque du bateau et passer une bonne heure et demi la tête par dessus les cordages, malgré les médicaments et les bracelets points de compression. Mon premier mal de mer.

Vu mon état et le vent, nous décidons de longer Belle-Ile en Mer pour aller finalement vers le port d’échouage de Sauzon. L’arrivée en tout début d’après-midi nous permet de s’arrimer sur une bouée, pas loin du fond du port. Alors que la majorité des bateaux ont des "jambes" [1] pour se préparer pour l’échouage, bel ami et un autre RM 1050 déjà croisé au port n’en ont pas besoin. Nous avons pu installer le taud de bel ami et ainsi profiter de l’extérieur du bateau à l’ombre et faire une sieste dans le cockpit. Le départ vers la terre ferme plus tard dans la soirée, à marée basse, nous permet visualiser bel ami posé sur la terre. Impressionnant.

Après un très bon dîner de poisson à l’Hôtel du Phare, nous regagnons bel ami pour une seconde nuit à bord. Le réveil s’est fait sous une forte averse. N’ayant pas le courage de se mettre en route et ayant des pattes assez longues, nous sommes quasiment les derniers à quitter le port. Nous pouvons enfin découvrir que bel ami est réellement un voilier. Nous rejoignons très rapidement le Crouesty. bel ami prend de la vitesse, gîte un peu, le captain s’affaire prenant parfois la barre à la place du pilote automatique. Nous sommes à la fois grisé par la vitesse et la sensation du bateau gîtant, et attentif à ce qui se passe (ce n’est pas de la peur, mais une légère appréhension en vivant pour la première fois ces sensations nouvelles). Le pied total.

Le vent s’est finalement couché peu avant l’arrivée au port du Crouesty, nous obligeant à terminer le week-end comme nous l’avions commencé, c’est-à-dire au moteur.

Dans le TGV du retour, nous nous remémorons les bons moments passés sur bel ami, avec une seule hâte, le retrouver dans des eaux plus chaudes (et éventuellement plus venteuses).

Notes

[1ndlr : des béquilles