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L’hiver au soleil

vendredi 9 mars 2012

Par Fab’, qui retrouve d’un coup d’un seul les bancs de l’école - avec un petit mois de retard ;-)


Les vacances tant attendues ont commencé par un coup de stress la veille au soir. En raison d’une grève dans le secteur aérien, notre vol à été annulé. Heureusement, nous réussissons à trouver de la place (visiblement les dernières disponibles) dans un vol Corsair à destination de Fort de France.

Vague de froid à Paris oblige, 25 degrés environ nous séparent de Paris. Notre hôte nous attend et nous partons en voiture direction Saint-Anne. La nuit tombe tombe tôt et c’est de nuit que nous arrivons au mouillage. Malgré la dextérité du commandant de bord, ce n’est qu’avec appréhension que nous montons nous valises, contenant moults appareils électroniques à bord de l’annexe. Une fois tout déballé le navire est transformé en Apple Store et chaque virée dans un bar à terre ressemble à une reunionnTupeperware consacrée aux produits Apple.

Nous passons deux journées d’acclimatation (baignade, apprentissage du pilotage de l’annexe, douche extérieure, sieste, lecture, ...) avant notre premier navigation.
Celle-ci se passe sans avoir à se pencher par dessus-bord (merci à mon docteur et aux médocs - deux differents semblant faire effet - qu’elle a bien voulu me prescrire) et est donc ultra agréable. Nous avons en effet un vent arrière pas très fort mais assez régulier.

Nous arrivons à l’anse Arlet où nous passerons une - courte - nuit, car nous sommes fréquemment réveillés par le rouli auquel nous ne sommes pas encore très habitués. Je finis par m’endormir calé contre la cloison.

La visite du charmant bourg le lendemain matin est l’occasion de découvrire le mal de terre : l’impression que la terre roule (tangue aurait été plus clair mais c’est de droite à gauche et non d’avant en arrière).

L’étape suivante, au terme d’une navigation éprouvante d’une demi- heure au moteur, nous amène à l’anse suivante appelée Grande Anse. Nous aurons l’occasion d’y nager avec les tortues (animaux placides qui sont en fait des vaches marines qui passent leur temps à brouter les fonds marins).

Le retour vers le sud de l’île sera un peu plus mouvementé. Face au vent, il nous faudra tirer des bords et faire prendre de la gîte au bateau. À bord, le commandant demande à ses deux SDS (note de l’auteur : SDS ou sac de sable est le nom qui désigne le passager en moto - rappelant ainsi sa principale fonction qui est de servir de lest). Je prends de nouveau beaucoup de plaisir lors de cette navigation - bien que je dois reconnaître que je ressens une appréhension à chaque fois que le bateau gîte légèrement plus qu’attendu ou que le captain se met à crier tel le capitaine Haddock. Ce n’est pas le cas du second SDS qui aime le bateau autant que la moto, c’est à dire quand il fait beau et chaud et surtout quand ça ne penche pas (et la grand voile ayant comme caractéristique négative d’empêcher de faire la crêpe sur le pont).

Nous finirions néanmoins par arriver à bon port à Saint-Anne, port d’attache actuel de bel ami.

Le dernier jour sera l’occasion de découvrir l’île en voiture, à la manière des touristes japonais, ne descendant de la voiture que le temps de prendre des photos (en dehors d’un super déjeuner créole préparé par une mamie qui devait bien avoir 80 printemps). Nous découvrons la beauté de la côte atlantique (complètement différente des paysages clubsmédiens de la côte caraïbes) et celle très sauvage du Nord de l’Ile (notamment le village de Grand-Rivière- semblant perdu dans la jungle.

Nous souhaitions également profiter de la voiture le dernier jour afin de visiter une rhumerie. Arrivés trop tard à la rhumerie Neisson (une des rares rhumeries encore familiale - non tenue par des békés par ailleurs), nous aurons juste le temps de déguster leur fantastique rhum à 52,50 degrés (nous n’avons pas le courage d’essayer le 70°) accompagné de sucre de canne bio à la belle couleur ambrée, et de ramener à Paris un peu de soleil en bouteille.

L’avantage des vacances en bateau c’est que j’ai prolongé la navigation au bureau, ayant encore tangué toute la journée du retour sur la chaise dès que je m’asseyais.

À l’heure du bilan, nous avons aimé : les douches sur le pont (et dans la mer), l’apprentissage du maniement de l’annexe, l’arrivée en bateau sur le ponton-terrasse du restau, faire la crêpe sur le ponton, l’omelette du captain, les bons accras, la gite du bateau, le farniente et les discussions sous le taud et nous n’aurons pas aimé : le roulis la nuit, la gîte du bateau, les mauvais accras.