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Cap au Sud

jeudi 10 novembre 2011

Hein ? Quoi ? Oui, je sais ce que vous allez me dire, rien de nouveau : cap au sud. Le Cap Vert, les tropiques, toussatoussa, c’est au Sud. Oui, enfin, pour vous les français, les belges (Toto, si tu me lis …), les Européens, quoi.

Mais prenez mes lecteurs caribéens (sisi, j’en ai). Pour eux, c’est presque de l’Est. Matiné de sud, peut être, mais de l’Est quand même. Et les Québecois, tiens, pour eux c’est encore différent.

Voilà, tout est question de perspective, et pour moi, la route du Cap Vert est au Sud Ouest. Enfin presque, mais disons sud-ouest pour simplifier. Le problème de cette route, c’est qu’elle est pile dans l’axe du vent, et de celui de la houle du vent. Exit donc la grand voile depuis hier, qui battait trop (on cesse de ricaner, là bas dans le fond, Marge), mais avec génois et trinquette, ça marche pas fort, 5 nœuds dans les meilleurs moments.

Et puis il y a la météo des jours qui viennent. Alors là, franchement, je ne sais pas ce que vous lui faites, ce qui vous passe par le Golfe de Gascogne ou la mer d’Iroise, mais visiblement, c’est du grand nawak. Parce qu’ici, il hésite, il se balade, va d’un côté, au nord, puis de l’autre, à l’est, et revient, au nord est. Tout d’un coup il accélère (un peu, vous le fatiguez visiblement beaucoup la haut) et pouf, refait une pause. Et dans les jours à venir, ça va être encore pire.

Or donc, encore plus que le rendez vous que je risquerais de manquer, un bateau n’est pas fait pour se faire balloter, mais pour avancer, fendre le flot, prendre de la gîte (modérée, trop d’abus est nocif pour la santé), gonfler ses voiles, bref, vivre.

Exit donc le sud ouest, et place au sud. Clap clap clap.

Plus de voiles en ciseaux, plus de roulis d’un côté de l’autre, les voiles sont gonflées à bloc, je file … pfiou, comme j’en avais perdu l’habitude, au moins presque six noeuds.

Ah oui, pourquoi le sud me direz vous ? Parce qu’en allant vers le sud, je me rapproche de la côte mauritanienne (oui je sais, pour vous elle est au sud, mais pour moi c’est à l’est-sud est), et qu’il y a là comme un couloir de vent, plus fort, plus régulier, plus soutenu que ce qui peut exister là où je suis. Oh, rien de bien fort, toujours les mêmes dix noeuds de vent qui me font avancer pour l’instant, mais au moins ils devraient rester stables dans les trois prochains jours.

Et quand je serai suffisamment au sud, alors je ferai ouest (oui je sais, c’est toujours au sud le cap vert pour vous), de nouveau vent de travers, et j’arriverai tel une flèche (ahum) à Mindelo. Ou pas.

Enfin bref, j’escompte bien que ce petit détour, quelques dizaines de milles quand même, sera compensé par la plus grande stabilité du vent, ma meilleure allure et plus grande vitesse. Et si je n’améliore mon temps d’arrivée (plus de six jours si je restais vent arrière), au moins le confort et le plaisir de sentir vraiment le bateau naviguer.


Vos commentaires

  • Le 19 novembre 2011 à 22:54, par Isabelle et Filou En réponse à : Cap au Sud

    Un petit coucou pour te donner notre blog et que l’on essaye de se revoir dans les Caraïbes : http://jphisalou.over-blog.com
    A bientôt
    Bravo pour ce coucher de soleil tellement vivant !!