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La bonita

dimanche 23 octobre 2011

C’est comme ça que les Canariens l’appellent : la bonita. C’est vrai que pour ceux de Las Palmas ou de Teneriffe, l’absence presque totale de touristes ici doit les changer. Quant à ceux des îles de l’Est, Lanzarote ou Fuerteventura, la forêt de pin qui recouvre une grande partie de l’île, les plantations de bananes, la culture des avocats ou du tabac à cigare les sort de leur sécheresse presque systémique.

L heure de pointe à Santa Cruz (La Palma)

Me voilà donc à Santa Cruz, la (petite) capitale, charmante comme tout quand on a dépassé le front de mer. Car comme toutes ses consœurs ibériques, la ville a été bien défigurée par une (absence de) politique urbaniste particulièrement anarchique.

La Palma est un volcan. Un gigantesque volcan, qui a eu plusieurs petits au fil du temps, mais les garde près de lui. La côte déchiquetée a des falaises de cinquante ou cent mètres de haut, le reste des coulées, abruptes, rocailleuses, tranchantes. Parfois comme au sud-ouest, un plateau s’avance (un peu) sur la mer, le reste d’une éruption plus récente que les autres (trois cent ans à peine), permettant culture et habitations presque au niveau de la mer. Sinon, tout se passe en altitude, les routes, les cultures, les villages.

La caldera de Taduriente (La Palma)
Plus haut que les nuages voir la lumière invisible (La Palma)

Au milieu de l’île, la caldeira. Le cratère, immense, le deuxième plus grand au monde après celui de l’île de Teneriffe, aiment-ils à dire ici. Des a-pics insoutenables de plusieurs centaines de mètres, une montagne qui paraît brisée, fracturée, haute de 2500m, sur laquelle les nuages viennent buter. C’est magique, grandiose, effrayant.
Et tout en haut, sur la ligne des crêtes, ils sont plus d’une dizaine, des observatoires, téléscopes, radioscopes, à scruter l’horizon des étoiles.

Déchirures a pics et au loin sur la coulée la ville Llanos (La Palma)

Cette caldeira est magnifique. Le matin, tôt, elle est encore dégagée, le soleil vient la frapper progressivement, laissant des recoins d’ombre. Les roches s’illuminent, un festival de couleur, du jaune au marron en passant par tellement de nuances. Et puis doucement s’approchent les nuages. Ils sont petits, effilochés, mais trop bas, ils viennent buter dans cette gigantesque cuvette trop grande pour eux, trop haute pour qu’ils l’enjambent. Ils s’entassent, se poussent, au final s’agglutinent et ne forme plus qu’un seul, de plus en plus gris. On ne voit plus le fond, juste le spectacle des flamèches qui se disloquent au gré des rafales. C’est magique.
On tourne la tête, de l’autre côté tout est bleu, ensoleillé.

Le reste de l’ile est plutôt frustrant : la route côtière est perchée assez haut dans la montagne, de même que les villages, puisqu’il n’y a aucun accès à la mer. C’est bizarre de voir une île sans rapport aucun à la mer.

(la suite des photos est sur l’album des Canaries)

La marina est vide, elle a la très mauvaise réputation d’être très houleuse. Du coup, elle est vide. Quelques locaux, et trois malheureux bateaux voyageurs. Autant dire que l’ambiance n’est pas idéale pour faire le plein de rencontres.

Demain je récupère les deux caddies d’avitaillement fait dans le seul hypermarché de l’île (!!), et mardi ou mercredi je devrais me tourner vers la prochaine escale Canarienne, et dernière européenne : la Gomera.