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Chroniques Cap-verdiennes : jour 3

mardi 22 novembre 2011

Par Michel, toujours philosophe


Bienvenue au camping de trifouilly les flots.

Souvent je me suis réveillé de bonne heure, surtout lorsque les voisins font du bruit alors que l’aurore aux doigts de rose apparaît.

Après une nuit difficile, passée sur un matelas à bascule, ponctuée de claquements de drisse sur les mâts des bateaux voisins, des craquements des amarres, des couinement des pare-battage, le coup de grâce me fut donné vers 5h du matin par l’arrivée exubérante d’un bateau espagnol accompagné de son équipage gueulard et irrespectueux du sommeil de ses voisins.

Je décidais donc de me lever avec le soleil pour profiter du moment que j’apprécie le plus : le petit matin calme, où l’on peut se plonger avec délices dans un bon livre ( j’attaquais à cette occasion la biographie de steve Jobs), et tel Steve, je laissais donc mon cerveau penser différemment.

Et là, ce fut comme une évidence : une marina ce n’est jamais qu’un camping, sauf qu’on ne peut même pas y jouer à la pétanque. Et comme dans tout camping, on trouve de tout parmi la clientèle, dont beaucoup de bidochons, avec des comportements asociaux caractérisés. On pourrait croire naïvement que les marins sont épris de solitude, mais force est de constater qu’ils se déplacent en meutes bruyantes et exclusives, un bateau pouvant souvent en cacher un autre. Les hasards du placement dans les ports les amènent parfois à côtoyer d’autres navires qui ne sont pas de leur bande, et qu’ils ignorent souverainement.

Cette journée fut donc calme, plongé dans un livre, et observant les mœurs de la tribu où j’étais plongé sans y être vraiment admis. Pour les pauvres terriens, l’univers des voileux semble être un monde de privilégiés pouvant s’offrir bateaux, yachts, années sabbatiques. Mais en réalité le voileux en marina s’entasse dans un espace si réduit que ce qui se passe sur le bateau voisin semble se produire dans son propre carré, utilise des sanitaires collectifs dignes d’un YMCA, et se fait abuser par le gérant de la marina qui lui vend du wifi à un prix que même Orange n’oserait pas proposer.

J’en étais là de mes réflexions quand l’heure de l’apéro approchant, un groupe se forma sur le bateau voisin : pastaga, barbecue, discussion bruyantes. Vaincus, nous retournâmes au restaurant la casa pour dîner. Au retour la fête battait son plein, mais heureusement pour les voisins, leur bruit était couvert par la sono de la boite de nuit sur le port. Encore une nuit difficile en perpective, surtout que demain nous prendrons le ferry tôt pour aller sur une autre île.