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solo

jeudi 19 mai 2011

Je double Quiberon, au moteur. Mer plate, pas un souffle de vent, à
peine 5 km/h. Le fameux passage de la Teignouse n’est pas si redoutable,
dans ces conditions, bien sûr. Un peu d’attention à la carte, corriger
le cap quand les courants de la marée descendante - un grand
coefficient, 99 - viennent perturber la route du bateau d’un courant
traversier de plusieurs nœuds. Un peu d’attention visuelle aussi, pour
prendre les repères qu’on reporte sur la carte, vérifier que tout est
cadré : basse nouvelle, la Teignouse, NE Teignouse, basse du milieu,
Goue vas Sud, elles sont toutes là, comme je le veux, dans le bon ordre.
Tout est clair.

Le ciel est gris, chargé, menaçant. Pourtant aujourd’hui, il devait
faire beau, disait la météo, pas comme hier où le soleil n’a percé qu’en
milieu d’après midi. Il doit faire beau, aujourd’hui, et presque chaud,
un timide 20°. J’aimerais bien que ma première navigation véritablement
en solo se passe sous le soleil. Avec un peu de vent, aussi, ce qui est
annoncé pour cet après midi, un temps de demoiselle.

J’ai trois semaines à passer, avant mon prochain rendez-vous.
Rendez-vous parisien, mais aussi pour bel ami, qui touchera -
normalement - ses derniers ajustements et réglages, derniers contacts au
port qui l’a vu naviguer pour la première fois. J’ai hâte que ça soit
fini, prendre la route du début, celle qui s’en va vers les pays, et les
peuples, plus chauds.

Je vire au ras de Sauzon, direction le Palais. Et puis non, il est trop
tôt, je lui tourne finalement le dos pour faire encore un rond, encore
un tour. Direction la Teignouse, je gratte un vieux (30 ans ?) grément,
scotché par manque de vent. Décidemment, le RM 1050 marche bien par
petit temps, ses pennons bien alignés dans les voiles.

Au ras de Houat, je vire une dernière fois, direction le Palais cette
fois. Le vent cette nuit sera NE-E, je ne veux pas revivre la mauvaise
nuit de la semaine dernière avec Marge. Moins de monde qu’après le Tour
de Belle Ile, tiens. Demain, il faut se lever tôt, l’écluse n’ouvre
qu’une grosse heure, gros coefficients obligent, jusqu’à 7h30.