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le compte à rebours a commencé - journal de bord 17 janvier

mardi 24 janvier 2012

Comme la suite de ce billet le montrera, c’est avec quelques jours de retard que vous lirez ce journal de bord.

Journée banalement ordinaire. Elle commence vers 6h du matin, Stoyan m’ayant fait, par mail, un petit topo sur les grains, et expliqué qu’ils étaient surtout présents en fin de nuit. Réveil donc avant l’aurore, et bien évidemment rien ne se passe : le ciel est presque entièrement dégagé, aucune masse nuageuse menaçante ne se profile à l’horizon. Tant pis. Ou plutôt, bien évidemment, tant mieux ! 

Le vent se décide enfin ! pour la première fois depuis le départ, à s’installer de manière durable, visiblement, au nord-est : je peux enfin quitter le vent arrière, et hisser la grand voile pour un loooong bord de portant de plus de 10 heures d’affilée. Les pointes (hors surfs) à 8 nœuds s’enchaînent, des sensations que j’avais l’impression d’avoir perdu depuis longtemps !

Midi GMT, le petit point quotidien avec les copains, Tao et Penn Gwen (ils vont bien, mais vous le savez déjà à cette heure-ci !), suivi en milieu d’après midi d’un petit échange de textos, et je reçois un sms de la société Iridium m’annonçant, sans autre forme de procès, que mon compte était déchargé, et donc suspendu. Aucune possibilité d’envoyer des mails ou d’en recevoir (vous vous rappelez internet avant l’adsl, avec les modems sur la ligne téléphonique ? Eh ben c’est pareil, sauf que ça n’a pas évolué depuis 20 ans !), ni même d’envoyer la position du jour, et la météo à Penn Gwen. Dans le doute j’essaye une dernière fois, et préviens Tao de la mésaventure : ouf ça passe. 

Ça m’énerve ! Moi qui croyais bêtement être prévenu, comme les opérateurs gsm peuvent le faire ; moi qui croyait bêtement aussi qu’il était possible de renouveler son forfait en appelant le service client ; non, il faut passer par internet. Il faut quand même en avoir rien à faire de ses clients, ne pas se préoccuper de leurs besoins, pour imaginer que quelqu’un qui a un téléphone satellite à en même temps un accès haut débit à internet ! À l’heure de skype ou des forfaits illimités, aurais je vraiment besoin d’un iridium si j’avais une bonne connexion internet sous la main ?

Une telle absence de service peut encore passer, si la teçhnique et les prix sont irréprochables. 

Las, parlons des prix : le téléphone est vendu nu pour 1400€ environ ; la minute de communication est, au plus bas de toutes les situations, à 1€ ; et la seule chose pour laquelle on ne paye pas, c’est pour recevoir des sms !
Quant à la technique, il vaut mieux l’oublier : l’ergonomie du téléphone est d’un autre âge, pire que mon premier Nokia en 1996, et le système buggue régulièrement, soit par des plantages complets, soit alors, par exemple, par l’impossibilité de saisir les 2/3 des symboles proposés ( :, ;,’,", etc), en frappant un texte. Le téléphone ne peut contenir qu’une dizaine de sms, après quoi il n’est plus possible d’en recevoir. Quant à -enfin- la couverture satellite, censée être optimale et permanente, elle n’est de fait opérationnelle, en tout cas sur l’Atlantique, que les 3/4 du temps, les satellites étant trop bas sur l’horizon le reste du temps pour que le signal soit exploitable.

Non seulement les téléphones satellites iridium sont techniquement de la merde, mais en plus le service est à chier !! Vivement que la concurrence (inmarsat essentiellement) s’installe durablement, que ça fasse -beaucoup- bouger les choses !

Breeeef …

Il ne reste plus qu’un peu plus de 600 milles à courrir, en toute logique je devrais arriver lundi, dans six jours donc.