Accueil > Carnet de bord > Le voyage : Atlantique > Une journée comme les autres – Journal de bord du 16 janvier

Une journée comme les autres – Journal de bord du 16 janvier

mardi 17 janvier 2012

Le soleil se couche, un des premiers couchers de soleil qui vaille la peine d’être regardé. Sur le pont, une bière à la main, le ciel s’embrase [1], Nabucco en fond sonore, c’est un feu d’artifice. Un soir calme, ordinaire et serein après une journée plus mouvementée.

4h45. Je suis réveillé par le bateau qui ballotte anormalement. Un coup d’œil au vent, il est tombé, moins de 8 nœuds. Un coup d’œil dehors, dans la nuit : c’est sombre, noir, là où la lune à peine descendante devrait éclairer. Un grain, immense, énorme, il est partout. Je saute à l’intérieur, allume le radar, il est à côté, à babord, à peine un mille de moi. Il fait près de quatre milles de large. Je m’enferme à l’intérieur pendant que la pluie tombe, en trombes. Il me frôle.

5h15. Ce n’est pas fini, le suivant arrive, sa pluie encore plus sombre que la nuit le rend visible de loin. Celui là me passera sur tribord. Le vent est complètement tombé. Si ce n’était pour la houle qui me pousse, je ferais du sur-place.

5h45. Le troisième de la liste. Celui-là est énorme, il rempli l’horizon, et l’écran de mon radar aussi : près de 7 milles de diamètre ! Il m’arrive droit dessus, par l’arrière, mais à deux milles, ou moins, il se scinde en deux, une partie à babord, une à tribord, à me frôler (1/2 mille).

6h15. Ils sont tous passés. Pour l’instant du moins. Le jour commence à se lever, s’en est visiblement fini. Pour autant, le vent reste aux abonnés absents, force 2. Un peu de moteur, qui me fera avancer, et rechargera les batteries bien éprouvées par tant de radar.

7h00. Le vent se lève, enfin. Force 5, un petit vingt nœuds. Génois tangonné, bel ami retrouve ses aises. Pas pour longtemps.

9h00. Le vent baisse, un petit force 4, 13 à 15 nœuds. Je hisse la grand voile, tangonne le génois sur l’autre bord.

9h45. Le vent adonne, largement, 30°, pendant une bonne demi-heure. Puis refuse, d’autant. Le ciel est chargé, un grain s’annonce sur mon travers arrière. Je pense aux manœuvres à faire s’il arrive sur moi. J’affale, lassé par les changements de vent, et face aux grains.

16h30. Les gribs annonçaient un bon 17 nœuds pour la journée, avant plus de calme demain. Ils avaient tort, de 24h. MeteoFrance avait plus juste, qui prévoyait “Force 4 à 5″ : ça aura été (un petit) force 4, tout la journée.

18h15. La pâte est en train de lever, pour la deuxième fois, et bientôt l’odeur du pain frais envahira la cabine. Pour veiller aux grains, je me lèverai tôt demain matin, vers 4 ou 5h. Mais j’aurai du pain frais.

18h50. Le vent est tombé, moins de 10 nœuds.

PS : Penn Gwen est 145 milles au nord-ouest, soit une bonne journée d’avance. C’est dans la logique des choses, son bateau étant plus grand (et les voiles aussi, donc), sa coque carénée de (presque) près à Mindelo, qu’il soit allé en moyenne 1 nœud plus vite que moi. Mais ça m’énerve :-)

778 milles à courrir.


Notes

[1non Fabrice, ce n’est pas un volcan !

Vos commentaires