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Un mythe s’effondre

lundi 9 janvier 2012

L’Atlantique est une machine à laver

Les jours se suivent et se ressemblent presque :

- premier jour : 120,3 milles

- deuxième jour : 120,3 milles

- troisième jour : 120,3 milles

- quatrième jour : 117, 3 milles

Tout le monde le dit : le meilleur moment pour effectuer la traversée est le mois de janvier ; les alizés sont établis, mais moins fort qu’en février mars. Mais je m’attendais quand même à plus de vent, 20/25 nœuds continus. Ma stratégie était donc prête : génois tangonné sous le vent, trinquette tangonnée elle aussi, au vent. L’idéal pour m’assurer, avec cette force de vent, une moyenne journalière de 150 milles.

Las … A peine l’épisode “machine à laver” du départ, le vent s’est stabilisé entre 14 et 16 nœuds, avec quelques rafales à 20. Les prévisions ne donnent guère mieux, voire moins : je devrais rencontrer d’ici quelques heures des vents inférieurs de 4 à 5 nœuds. Pétole, quoi.

Tellement pétole que je ne suis pas totalement autonome en énergie : le panneau solaire tourne à plein, mais l’éolienne fait des tours sur elle-même (feignasse) ; quant à l’hydrogénérateur, il ne faut pas lui demander de miracles à cette vitesse là.

Alors, pour l’instant, le mythe de l’Atlantique musclé et inconfortable … ben, pschiit comme disait l’autre (ça a encore largement le temps de changer, on est d’accord).

L’Atlantique est un désert

Ah ça, parlons en. Entre le cargo qui m’a rasé les moustaches deux jours après le départ ; Penn Gwen et Tao qui sont, l’un plus au nord, l’autre plus au sud, mais chacun à une quarantaine de milles ; le catamaran des américains (Begonia … ils auraient plus choisir une plus jolie fleur, vous trouvez pas ?) avec qui on a papoté pendant une bonne demi-heure ; et le petit yacht de 37m (excusez du peu) qui m’a passé dans la nuit toute voiles dehors, tellement vite que notre conversation n’a pas duré aussi longtemps que la précédente …

Tout ça fait un désert bien peuplé je trouve.

(Je reconnais cela dit que depuis hier, mon AIS est désespéremment vide ; et que je n’ai croisé, vu, imaginé ou soupçonné pas le moindre bout de commencement d’idée d’une voile à l’horizon …)

Les solitaires sont courageux

C’est une phrase récurrente dans les conversation avec ceux qui naviguent en équipage, souvent. Et c’est le mega-yacht de 37m qui me l’a évoquée le plus récemment.

Je me demande bien quel courage il y a dans ma vie : ce n’est pas du courage que d’avoir un bateau de 10m pour soi tout seul. Par contre être à 3, 4 ou 5 24/24, même en famille, dans la même surface voire moins demande plus de courage, d’efforts.

Je gère mes horaires en fonction de mes envies ou besoins : je déjeune et dîne quand j’ai faim, dors quand j’ai sommeil. Le courage, c’est de naviguer en famille, devoir faire les quarts – comme moi – puis assurer les cours du CNED – je bulle sur le pont à la chaleur du soleil matinal -, puis la préparation des repas, et s’occuper des enfants – je bulle sur le pont à la chaleur du soleil de l’après midi.

Ouaip, un mythe s’effondre : le solitaire en mer est celui qui a la vie la plus cool (bon, peut être un peu moins cool quand même que celle du propriétaire du mega-yacht précédemment cité qui doit se la couler plutôt douce avec son équipage).

En bref :

- il fait beau

- il fait chaud

- la mer (et le vent) sont calmes

- je risque de mettre un chouilla plus de temps à traverser que je ne l’avais prévu – RASTVBAB (Rien à signaler, tout va bien à bord)


Vos commentaires

  • Le 10 janvier 2012 à 16:46, par Nicolas En réponse à : Un mythe s’effondre

    Il est vrai que le grand large et le soleil, la tranquillité, ça doit être sympa, mais tu finis pas par t’emmerder un peu ? tu as de quoi t’occuper entre deux vagues ?

  • Le 10 janvier 2012 à 21:28, par claude (mac na mara) En réponse à : Un mythe s’effondre

    Salut Henri

    Belle moyenne pour ce début de traversée, même si tu penses que ce n’est pas suffisant lorsque nous avions traversé en 2009 nous n’avions fait que 400 miles en 4 jours.

    Bon je crois que tu vas bientôt avoir plus de vent à partir de la nuit de jeudi 12 à vendredi 13 puis passage weather dit que cela se maintient quelques jours (max probablement le dimanche 15 avec 20 noeuds sur le grib) : c’est l’anticyclone des açores qui se renforce.

    bon, profite en bien

    les macnamarins