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Top départ

mercredi 27 juillet 2011

La météo m’a prévu du vent d’ouest pour descendre, idéal pour ma première étape, une bonne soixantaine de milles vers l’ile d’Yeu. D’ouest point. Par contre, un sud bien établi qui m’a cueilli dès la baie de Quiberon. Par moments, la bruine est tellement intense que je ne peux voir Houet et Hoédic, que je longe pourtant à deux milles à peine. La mer est belle, sinon, bel ami en mode girouette trace gentiment sa route. Je sais cela dit que si ça continue comme ça, je ne pourrai pas être à Yeu avant tard le soir.

Quelque part après avoir dépassé la pointe du Croisic, j’aperçois mes premiers dauphins de la saison. Ils sont à une bonne centaine de mètres, tout un troupeau, j’arrive à en compter au moins vingt. Pas de cabrioles, ni de batifolages, juste leur dos arrondi qui ressort régulièrement. Ils passent, vers l’est, groupés. Même dans ces conditions, ils font rêver.

Midi. A force de virements de bord, je sais que mon planning initial n’est pas tenable. Foutu vent du sud, alors que la météo continue par la VHF à parler de ouest / nord ouest. Je laisse un sms à ma sœur, qui passe ses vacances à Noirmoutiers : l’Herbaudière sera mon escale, et nous nous retrouverons pour dîner.

Avec l’après midi, le vent tourne progressivement (un peu) vers l’ouest, un force 4 bien établi. Je tangonne le génois, voiles en ciseaux, et je me dirige franchement vers l’Herbaudière. J’arrive au niveau du chenal d’accès à St Nazaire, une dizaine de cargos sont mouillés, et l’AIS m’en signale un en approche, et route de collision, alors qu’il est encore à peine visible sur l’horizon. Je le surveille du coin de l’oeil, espérant bien pouvoir traverser le chenal avant qu’il ne s’y présente. Je me rapproche, lui aussi, il est bien visible maintenant, un gros qui doit bien faire dans les 150 mètres de long. Tout va encore bien, nos routes se croisent mais à distance respectable, quand tout à coup mon alarme hurle : collision en vue. Une fois à l’intérieur, je vois sur l’écran qu’il a commencé à tourner, alors que c’est imperceptible à l’oeil nu. Il va sans doute planter son ancre devant les autres. Pour lui montrer que j’ai compris, j’abats largement d’un bon 20 degrés, nos routes sont maintenant parallèles, je lui passerai au cul. Trois minutes plus tard, re- alarme, il vire encore de trente degrés, plein cap sur moi, à 150 ou 200 mètres à peine. Je reprends mon cap initial, allume mon moteur sans respecter la procédure de préchauffe, et mets pleins gaz. bel ami fonce, à plus de 7 nœuds. Trois ou quatre minutes à voir son étrave fixer mon tribord, c’est long. Et puis d’un coup je respire, il passe franchement derrière. J’éteins le moteur, la route est libre.

Mais voilà qu’un autre se présente, à l’horizon. Un porte voiture celui là. Route de collision également. J’ai beau être prioritaire, il ne ralentira pas une seconde pour me laisser passer, sans doute parce que encore dans le chenal. Je finis par rouler mon génois, faire un 90 degré le temps de le laisser passer. Chat échaudé …

Je serre un peu les fesses en approchant l’Herbaudière. Pour moi ce port n’a pas une réputation très franche, plein de hauts fonds un peu partout, peu de fonds en général, et nous sommes à marée basse - même si c’est une marée à petit coefficient. Bref, je fais gaffe. J’ai à peine le temps de m’amarrer, ranger un peu le bateau, que la famille est là, on prend l’apéro, et ensuite la route pour dîner chez eux. Retour un peu tard, la nuit sera un peu courte, je veux partir tôt demain matin, une bonne cinquantaine de milles de prévus.

lundi

Il a plu dans la nuit, et le port est clapoteux, trop de bruit pour dormir sereinement. Je me lève à 8h, difficilement, le ciel est bas, bruineux. Encore une belle journée qui s’annonce. Par contre le vent est là, et - enfin - semble établi à l’ouest. Je prends mon temps pour aborder le chenal de la grise, au moteur, toujours ces fichus haut-fonds un peu partout, encore à marée basse. J’entre dans le chenal, coincé entre l’ile de Noirmoutiers et l’Ile du pilier, je fais route sud ouest avec un vent nord ouest. Génois déroulé, à 70° du vent, 14/15 noeuds régulier, 17/19 dans les rafales, bel ami est à son aise, malgré la bruine, malgré les deux mètres de creux. Il file, vole, s’accroche à six nœuds, flirte dans les rafales avec les 7.5. Le pied. Un feeling 39, derrière moi, à du mal à suivre l’allure, ça ne m’étonne pas. Je savoure cet instant, que j’aimerais plus ensoleillé, mais déjà magique.

Le reste de la journée sera du même genre, seule l’allure change une fois virée la chaussée des bœufs, devant Yeu. Vent arrière, ça roule un peu plus, mais le vent toujours soutenu propulse bien et stabilise le bateau, et je me suis fait à cette allure, mis en confiance par le frein de bôme que j’ai déjà testé. Je vaque à mes occupations, pas mal de lecture, de rangement et nettoyage. Je teste même ma tondeuse électrique, dont la batterie rend l’âme la dernière mèche coupée : vu la masse à élaguer, elle a parfois hoqueté pour exprimer son refus de couper autant, aussi épais, en si peu de passage. Bref, j’ai eu de la chance de ne pas me retrouver avec une moitiée de crâne ras, l’autre non ! Par contre, il faudra que je m’organise mieux, pour le pas laisser des cheveux un peu partout, ce n’est pas très réussi pour l’instant.

L’arrivée aux Sables est moins fun, le vent est tombé, la houle a grossi, le bateau tangue, les voiles claquent, bruyamment, méchamment. J’ai mal pour lui. Il reste deux milles à parcourir, je roule et affale, et termine au moteur. Arrêt au ponton visiteur - pas de rayure sur la coque cette fois-ci -, puis je m’installe à ma place. Petite douche rapide, et le même restaurant que la dernière fois, tout au bout du port (Jack, si tu te rappelles …) : dieu que leurs hamburgers sont bons ! Il est 22h30, je suis crevé, je m’écroule sans demander mon reste.

Mardi

Je m’attendais à plus de vent, mais je n’ai pas dix nœuds pendant une bonne partie de la journée. Faute de spi, c’est le sur-place assuré, et les voiles qui claquent. J’essaye, pour la forme, pour ne pas faire partie, aussi, de tous ces voileux qui font route au moteur ;-) Mais c’est peine perdue, je me traîne, et c’est insupportable d’entendre le bateau souffrir ainsi, la grand voile claquant de toute sa force à chaque vague de la houle un peu déstabilisatrice. Je fais route au moteur, doucement, juste de quoi assurer quatre nœuds, en attendant qu’éole veuille bien se lever.

C’est finalement en m’apprêtant à virer l’île de Ré (coucou Lionel) que j’accroche un bon 10/12 nœuds. Je déroule le génois, et pour la beauté du geste, la trinquette, en ciseaux. Le bateau marche à six nœuds, sans effort. Je profite, d’autant que le soleil a - enfin - refait son apparition. Joie de pouvoir enlever les couches, et sentir les rayons du soleil réchauffer la peau !

18h, me voilà au port. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne sont pas super accueillant, le sourire n’est visiblement pas prévu dans la prestation. Mais ils sont au moins assez efficaces.

Je retrouve un autre RM 1050, MacNamara en provenance de Vannes, aperçu aux Sables et qui eux étaient aux Antilles il y a deux ans. Nous discutons pas mal, une famille adorable, pleins de bons conseils. A suivre !
Et puis aussi Monique, et Christiane, comme prévu, qui sont sur les championnats du monde de Laser.

Ne reste plus qu’à régler les derniers détails, et attendre ensuite un créneau météo.

Vos commentaires

  • Le 28 juillet 2011 à 01:01, par Jack En réponse à : Top départ

    haha, bien sûr que je me souviens ! Con que j’ai pas été là dimanche ! A la place, je me pintais dignement avec lolo :)
    je prends mes quartiers d’été aux Sables à partir de dimanche soir pour une semaine si les vents te ramènent devant le bon burger :)
    kiss à bel ami et son capitaine !

  • Le 28 juillet 2011 à 07:47, par Fab’ En réponse à : Top départ

    Je veux voir les photos de la coiffure ;)

  • Le 29 juillet 2011 à 10:46, par henri En réponse à : Top départ

    @ Fab : bah oui tu me vois en train de prendre la pose sur le pont, pour que tu aies un aperçu de mes 5 mm ? Nanmé :)

  • Le 31 juillet 2011 à 17:34, par Rouquette En réponse à : Top départ

    Si d’abord. On veut la photo !

  • Le 31 juillet 2011 à 17:35, par Rouquette En réponse à : Top départ

    Les dauphins, le vent, la mer... ça fait rêver... bons vents à toi !