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Champ de mines

mercredi 31 août 2011

Voilà. Finalement Povoa de Varzim, plus proche de la Corogne d’une dizaine de miles, qui me donnait l’assurance d’arriver de jour.

Ces 40h de navigation ont finalement été plus éprouvantes que les trois jours du golfe de Gascogne. Parti en début de matinée de la Corogne, je savais que le vent ne serait pas fortiche, il l’a été moins que prévu, et qu’il y aurait un résidu de grosse mer encore pour quelques heures. Résultat, pas assez de vent pour gonfler les voiles, qui battaient fortement avec la houle ; premier affalage, et moteur …

Dans l’après midi, le vent se lève un peu, comme promis, un petit force 3 qui ne va faire que s’affermir et se renforcer jusque tard dans la nuit. A 25nœuds dans les rafales, au passage du cap Finisterre, le fameux, à la nuit tombante, bel ami se comporte comme un charme, et fait des pointes jusqu’à 8nœuds 1/2. Et puis le vent redescend comme il était monté, jusqu’à retrouver un petit force 2 vers 1h du matin … A peine 15h de navigation, c’est déjà la deuxième fois que j’affale complètement les voiles pour les protéger …

4h00 … le vent se relève, je rehisse tout. Grand largue toujours, je file un bon 5.8 nœuds pour 15 de vent. Je suis au large de Vigo, le trafic commence à être soutenu, entre les cargos qui vont ou viennent de Vigo, et les sorties des bateaux de pêche. J’ai peut être réussi à dormir 3h, par à-coups de 20 min. Je suis reposé, mais pas tant que ça, j’étais déjà parti fatigué, ayant mal dormi la nuit précédente.

Je change de pavillon de courtoisie, j’abats l’espagnol pour monter le portugais … comme un signe donné aux filets et casiers ! Cette côte du Portugal, je le savais, est une vraie horreur, un champ de mine (de casiers de pêche) balisé tantôt de piquet et fanions à peu près visibles, tantôt de simples bouées que l’on découvre au dernier moment ; tout ça posé sans aucune logique apparente, ne suivant ni les courant, ni les lignes de fonds, une horreur à surveiller.

10h, le vent retombe, de nouveau … force 1, 2 dans les rafales … les lattes claquent, encore. Il faut affaler, encore. 11h, il tourne maintenant, sud-sud ouest, en plein dans le nez, alors qu’il était prévu pour tourner ouest. Le brouillard se met de la partie, des bancs très épais où la visibilité est à peine de quelques dizaines de mètres, éparpillés à peine d’un mille. Il reste une dizaine de milles vers Povoa, je pourrais tirer des bords, mais je n’ai pas le courage de tout re-hisser, encore, tout ça pour faire du 3 nœuds et rallonger ma route de trois ou quatre heures … 

J’arrive finalement vers 17h, alors que la brume a fini par se lever. A huit heures, je suis couché.