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Le phare bleu

mercredi 20 juin 2012

Voilà maintenant quatre jours que bel ami est au sec, posé sur ses quilles et son safran, seul biquille au milieu d’une armée de catamarans, et d’autres monos. Quelques coques lui sont connues, rencontrées ici où là, Te Ara, Nemo, Aumadatroi. Situation inhabituelle pour lui, et pour moi, qui ne l’ai vu à terre qu’avant sa mise à l’eau, et lors d’échouages en Bretagne. Mais là c’est autre chose.

Au sec, Grenada Marine

Grenade est historiquement à la limite sud de la zone géographique touchée par les cyclones, qui pour la grande majorité, prennent naissance dans l’Atlantique, au niveau du Cap Vert, le traversent, avant d’obliquer au nord ouest vers les Etats Unis. Il n’y a guère qu’en 2004 que le terrible cyclone Yvan, un des plus puissants observés, est passé sur l’île et l’a totalement dévastée. Jusque là, Grenade était considérée comme un abri parfait.

Aujourd’hui, l’abri est simplement presque parfait. Et face à la très humide Trinidad, plus distante également, je n’ai pas hésité longtemps pour choisir Grenade, et la baie de Saint David pour effectuer la sortie de l’eau de bel ami, avec deux objectifs : refaire le traitement de la coque qui permet -en théorie- d’empêcher algues et crustacés de taper l’incruste ; et laisser le bateau à sec le temps de mon voyage en France.

Alors j’ai passé ces quatre jours à démonter : les voiles, les écoutes, les drisses, capotes, ris, bref, tout ce qui pouvait présenter une résistance au vent ; et ce qui ne se démontait pas, ou ne valait pas le coup d’être démonté pour quelques semaines, je l’ai arrimé, sanglé, verrouillé, pour que rien ne bouge.

C’est un peu comme la maison qu’on ferme, une fois l’été fini - sauf qu’ici c’est l’inverse : on ouvre tous les placards, on fait le ménage, on jette, on nettoie. Bref, quatre jours de travail assez intense, qui commence tôt le matin pour éviter la chaleur étouffante du milieu de journée, au milieu des moustiques de la mangrove, si affamés, si sauvages qu’aucune lotion, aucun pschittt, aucun remède de grand mère ne peut empêcher de piquer, pomper, sucer le sang.

Avec quelques heures d’avance, tout était prêt : pont impeccable, intérieur nettoyé, voiles et boutes diverses stockés, passe-coques obturés. J’ai pris le large du chantier, profitant sans vergogne d’une remise assez exceptionnelle - récession oblige - pour passer la nuit dans un hôtel 5*, en bord de plage, face à l’île de Calivigny, petit territoire francophile en bout de monde.

Dans quelques heures, je serai dans l’avion. J’ai mis près de huit mois à venir jusqu’ici, je mettrai moins de 24h à revenir à mon point de départ. Je laisse mon fidèle bel ami pour la première fois en plus d’un an, pendant un peu plus de cinq semaines. Sensation étrange.

Levage @ Grenada Marine On, Off @ Grenada Marine Un grand coup de Karscher @ Grenada Marine Prickly Bay Grain St David Au mouillage

Vos commentaires

  • Le 20 juin 2012 à 23:36, par Julien En réponse à : Le phare bleu

    Bon repos bel ami, et à bientôt j’espère !

  • Le 25 juin 2012 à 22:22, par henri En réponse à : Le phare bleu

    ce n’est qu’un au revoir, mon frère, ce n’est qu’un au revoir … 

  • Le 26 juin 2012 à 16:23, par jeff En réponse à : Le phare bleu

    Salut Henri,
    chapeau pour le timing de ta préparation cyclone ! 4 jours seulement, ça m’a pris plus du double, et encore sans trop de moustiques.
    bonne rentrée et bon séjour en Hollandie :)
    A++

  • Le 29 juin 2012 à 12:01, par henri En réponse à : Le phare bleu

    Il faut dire que je laisse bel ami un peu moins longtemps que toi, les préparatifs sont sans doute moins longs. Et je n’ai pas un bras en écharpe et une minerve, moi ;-)

  • Le 3 juillet 2012 à 11:30, par Eric En réponse à : Le phare bleu

    Salut Henri,
    nous sommes ravis que tout se soit bien passé pour tes préparatifs de mise au sec.

    Nous avons quitté Paris, pour notre Bretagne pour quelques temps. Si tu passes dans le coin (Carnac ou la Baule) , on serait heureux de te revoir pour une crêpe ou un crabe. On a une chambre pour toi.

    A bientôt

    Eric et Sandrine
    (Catamaran JINGLE)