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Le dauphin triste

vendredi 12 août 2011

Je l’ai aperçu dans la brume, je venais d’allumer mon radar, la faute à
cette purée de poix qui nous est tombé dessus, bel ami et moi, ce
matin. J’aurais dû m’en douter, les nuages de la nuit n’annonçaient rien
de très bon, en tout cas pas de vent.

Il était là, entre le bateau de pêche et moi, laissant apparaître sa
dorsale dans l’eau sans ride du golfe, lentement. Une fois, deux fois,
et puis je ne l’ai pas revu.

Quelques minutes après, regardant derrière moi les deux bateaux, séparés
d’un bon demi-mille ( 900m), je l’ai revu, le même mouvement gracile,
lent. Mais cette fois ils étaient deux. Longeant la ligne imaginaire qui
reliait les deux bateaux, comme un filin invisible. Et c’est là que je
les ai vues, les bouées, trois rouges, qui marquaient le filet reliant
les pêcheurs. Pas un filet dérivant, bien sûr, c’est interdit, mais tout
comme : un filet porté par des bateaux qui dérivent.

J’avais envie de leur dire : passez dessus, j’y suis bien arrivé, moi.
Passez dessous, il ne peut pas être si profond. Passez à côté, encore
quelques dizaines de mètres et vous serez libres. Mais dans le courant,
bien qu’on les dise intelligents, ils ne faisaient qu’aller et venir en
le longeant.

C’est bien triste à voir, un dauphin qui n’est pas joyeux.

Vos commentaires

  • Le 13 août 2011 à 15:22, par Twigga En réponse à : Le dauphin triste

    Face a la mer, moi aussi mais les pieds sur le sol, je me demandais si tu etais parmi les points blancs sur l’azur. Mais non, la Corogne est loin d’ici et quand tu passeras je serai parti. Si Marseille est sur ta route, et que tu ne la connais pas elle vaut le detour.
    V