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La vache

mardi 12 avril 2011

Il fait grand bleu, la température est agréable, un petit vent, à peine 10 nœuds, balaye le port, juste de quoi me stresser un peu. Je quitte la place que j’occupe depuis un mois, pour me rendre au ponton visiteur. Je suis énervé, avec ce changement de place s’envole toute possibilité de voir Kitty rentrer au bercail (illusions, douces illusions …).

Il y a peu de monde dans la darse visiteurs, je choisis mon catway, totalement libre, j’ai de la place pour manœuvrer. Je ralentis, me présente bien, sur mon erre. La manette des gaz est au neutre, je suis prêt à donner un coup de marche arrière, très concentré malgré tout, ce n’est jamais que la 4e ou 5e fois que je manœuvre seul.

Mais comme d’habitude, je m’arrête trop tôt, toujours la même crainte d’aller taper sur le ponton, alors que je me suis acheté une défense d’étrave. Je m’apprête à aller m’amarrer quand je me rend compte qu’à cette place, les catways sont plus courts, il faut donc que je redonne un coup de marche avant.

Et c’est là que je la vois. Dans la petite vedette à moteur, juste à côté de moi. Avec son mari, et son fils, ils doivent être en train de finir de déjeuner. Elle est tournée sur elle-même, la bouche ouverte, dans son Tacchini blanc.

Je merde un peu pour tendre les amarres, pas de taquet au bout du ponton. Le bateau se balade d’avant en arrière, et sur le côté aussi, je jongle un peu maladroitement le temps de le stabiliser (qu’est-ce que ce sera le jour où il y aura vraiment du vent ? ;-) ).

Et elle, toujours là, bouche bée, pendant ces quelques minutes. A me regarder comme une vache regarde passer un train, sans même faire un mouvement, sans montrer la moindre intention de faire les cinq mètres qui nous séparent pour donner un coup de main. Non, vissée sur sa banquette, la bouche ouverte et sans doute un gros morceau de fromage sur la lanque, avec ses yeux inexpressifs, elle regarde.

Et puis, le bateau stabilisé, elle s’est retournée, aussi pesamment qu’elle le pouvait, j’aurais presque pu entendre ses ahanements. J’ai murmuré un vague merci sec de colère rentrée, en jettant par le regard tous les poignards que je pouvais trouver.

A un moment, j’ai cru entendre un beuglement. Ce n’était qu’eux, qui partaient.

Vos commentaires

  • Le 14 avril 2011 à 19:39, par Tranquila En réponse à : La vache

    Qu’as-tu contre les vaches ?
    Pour le manœuvres entre Pingouin tropical et Tranquila tu es en bonne compagnie.
    Retour d’expérience : un jour ça marche, le lendemain ça merde...

  • Le 17 avril 2011 à 08:13, par Al West En réponse à : La vache

    Oh la vache !