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Journal de bord – 8 novembre

mardi 8 novembre 2011

Un peu plus de 24h que je suis parti, je n’ai effectué que 122 milles.

Hier soir, la météo que j’ai récupéré m’a convaincu qu’il fallait se rapprocher plus des côtes africaines dans l’espoir de toucher un peu de vent. Cap au sud donc (alors que ma route est plus sud-est), et peu avant minuit, j’établissais la voilure, sous une brise de 6/8 nœuds. Bonheur de couper le moteur, et sentir bel ami glisser tranquillement. Et quand le vent se lève un peu, monte à 10 nœuds, j’entends l’eau glisser le long de la coque.

La journée a été nuageuse, et régulière. Toutes les heures, heures et demi, le vent faiblissait légèrement, les voiles claquaient quelques instants, et un souffle d’air retrouvé me faisait repartir. Pas vite, entre 3 et 4 nœuds, mais confortablement tellement la mer est calme. J’en profite, sortant des premières heures de navigation, où la houle, faisant le tour des îles, engendre une mer croisée fort désagréable. J’en profite aussi parce que j’ai vu avant de partir les prévisions de fin de semaine, et la succession de tempêtes et coups de vent en Atlantique Nord va vite amener une grosse houle, et courte.

8h30 – je suis allé suffisamment au sud à mon goût, je reprends mon cap sud est. Je n’ai pas assez dormi cette nuit, je replonge pour une petite sieste : pas de bateau à l’horizon, ni de cargos à l’AIS, et de pêcheurs encore moins – j’évite avec soin les grands haut-fonds que je laisse à tribord.

Rien sur mon journal de bord de la journée, les conditions changent peu, ni la mer, ni le vent, ni la route.

17h30 – Le vent tourne nord-est, presque en plein dans le dos, en même temps qu’il fraichit. Les voiles claquent. Je pressentais ces conditions là, je les espérais plus tard, plus proches de la nuit. Roulage du génois, moteur.

Au moins je recharge les batteries, puisque le vent était de la journée bien trop faible pour que l’éolienne soit pleinement fonctionnelle. Quant au panneau solaire, il n’a que peu donné, le ciel est assez nuageux. Je maudis ADN et l’installation merdique de l’hydrogénérateur, qui me manque bien dans ces conditions. Encore ais-je du insister pour avoir une deuxième batterie de servitude, soit disant inutile au vu de ma production d’électricité. Grrrrr.

18h30 – Magnifique coucher de soleil, rouge orangé, alors que le ciel tout entier s’embrasait. Hier soir à la même heure, je passais la pointe de la Restinga, là où le volcan se déchaine. J’étais à plus de 30 milles, trop loin pour bien voir bien sûr, mais j’aime à croire que cet espèce de nuage vertical au raz de l’eau que j’ai vu dans le soleil couchant était le panache de cendre et vapeur d’eau qui jaillit depuis quelques jours.

20h30 – Le vent revient, doucement. Entre 7 et 10 nds, je suis plein vent arrière, voiles en ciseau, entre 3 et 4.5 nds. Je vais prendre la météo, espérant que je touche – enfin – les 15 noeuds de nord-est prévus.

La nuit est douce. Elle sera calme, aussi.


Vos commentaires

  • Le 10 novembre 2011 à 00:18, par Marge En réponse à : Journal de bord – 8 novembre

    Ouhlà ! Ce petit récit tranquille, serein a bien failli me leurrer. Pas folle, j’ai repéré l’escroquerie dans le dernier paragraphe !

    Le capitaine de bel ami qui serait satisfait de se retrouver en vent arrière avec près de 10 nds, qui se risquerait avec les voiles en ciseau à 4,5 nds, attendant même avec impatience les 15 nds ? Aucune chance !

    Je ne sais pas ce que l’usurpateur, auteur de ce texte, a fait du ’pitaine (saucissonné à fond de cale ?), mais je me le laisserai pas tromper, moi. Na !

  • Le 10 novembre 2011 à 00:53, par rouquette En réponse à : Journal de bord – 8 novembre

    Dîtes mamzelle Marge, vous pensez qu’on va nous demander une rançon ? Le mieux, ça serait pas qu’on y aille voir ? On soufflera dans les voiles...

  • Le 15 novembre 2011 à 20:35, par henri En réponse à : Journal de bord – 8 novembre

    Marge : tu avais raison, le capitaine, dans de telles conditions, ne met pas grand-voile et génois en ciseau, mais génois et trinquette.

    Et ce faisant, il proute qui de droit.

    Car seul après dieu maître à bord il est.

  • Le 15 novembre 2011 à 22:54, par Marge En réponse à : Journal de bord – 8 novembre

    Génois ET trinquette. Wouah ! Tu t’es vraiment lâché ! :-p

    Mais, contente de voir que le ’pitaine s’est souvenu qu’il est seul maître à bord et qu’il fait bien ce qu’il veut comme il le sent : à la lecture de ça, je commençais à en douter...

  • Le 16 novembre 2011 à 19:51, par mac na mara En réponse à : Journal de bord – 8 novembre

    Bonjour,

    Félicitations de l’ensemble de l’équipage de Macnamara pour ton arrivée à Mindelo.

    J’ai vu que tu hésitais à mettre le moteur pour être plus confort, la petite famille te fait dire qu’il faut pas hésiter mais il faut vite l’arréter quand la nocivité du bruit etst plus grande que celle du ballotement de la mer sans vent. et puis il faut bien recharger les batteries.

    Bon on est un peu jaloux parce que san antao c’est un de nos meilleurs souvenirs

    Profite en bien

  • Le 16 novembre 2011 à 22:23, par henri En réponse à : Journal de bord – 8 novembre

    @mac na mara : merci ! :-) j’ai pensé à faire appel à vous pour un petit routage aux oignons vu les gribs irréalistes que j’avais … et puis je me suis laissé porté par (l’absence de) vent, finalement