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Dites bonjour à Totonne.

lundi 28 novembre 2011

Par Michel, pas toujours si rationnel que ça


Lever donc aux aurores, petit déjeuner sur le pouce, et direction l’embarcadère du ferry pour Santo antão. Nous ne savons pas exactement ce que nous y ferons, après tout nous sommes en vacances, et il sera toujours temps d’improviser. Effectivement, nous sommes rapidement abordés par des autochtones qui nous proposent leurs services afin de nous conduire où bon nous semblera sur l’île, sauf que nous ne savons pas où bon nous semblerait, vu qu’on y va à l’improvisation pure. Contrairement à d’autres plaisanciers qui ont préparé leur voyage avec un soin quasi obsessionnel, et qui sont munis de cartes, d’itinéraires, de chaussures de marche et de provisions, nous sommes de parfaits touristes, et nous l’assumons. Mon choix se porte rapidement sur un jeune capverdien, un peu réservé, mais avec un très joli sourire, qui se présente comme chauffeur d’aluguer ( le nom des taxis collectifs locaux), mais qui dispose d’un minibus plutôt que d’un camion, et je suggère fortement à mes compagnons d’utiliser ses services. Nous lui expliquons que nous ne savons pas bien quoi faire et que nous lui laissons le soin de nous montrer son île, qu’il connaît forcément mieux que nous. Et rétrospectivement, ce fut un excellent choix.

À l’arrivée du ferry, c est un peu la folie. Des dizaines de chauffeurs d’aluguer espèrent le client providentiel qui fera la différence entre une bonne et une mauvaise journée

Notre chauffeur guide s’appelait donc Clayton, mais tout le monde l’appelait Totonne. Après avoir déposé un certain nombre de randonneurs au départ de leur excursion,nous partons sur des routes pavées de montagne étonnantes (imaginer une étape pyrénéenne du tour de France hybridée avec les secteurs pavés du Paris Roubaix)à la recherche de villages agrippés à flanc de montagne, de cultures en terrasses improbables qui exploitent chaque mètre carré cultivable pour produire légumes, fruits ou café, des ports colorés qui abritent village de pêcheurs et marchés aux poissons, ou des vallées encaissées où pousse la canne à sucre qui sert de base au grogue (le rhum local) et au mel (caramel de sirop de canne), bases des punchs locaux.

Le jour passant, la complicité passe de mieux en mieux avec totonne, nous échangeons beaucoup, sur son île, les conditions de vie. Il nous emmène dans les endroits qu’il aime, nous fait rencontrer des gens étonnants, tel ce français du Lavandou qui a fondé une famille sur place et qui tient chambre d’hôte dans une magnifique vallée évoquant les paysages de Paul et Virginie.

Il est bientôt l’heure de se quitter, mais auparavant Totonne nous réserve une petite surprise, il nous invite chez lui pour faire connaissance de sa femme et de plusieurs des enfants. Il nous offre un peu de fromage de chèvre local avec de la confiture de papaye suivant la tradition, et après quelques échanges rapides et la traditionnelle prise de photo familiale, nous nous éclipsons pour rejoindre notre hôtel, dans l’espoir d’une vraie douche chaude avec de l’eau abondante.
Hélas cet espoir est déçu, si l’eau est abondante, elle restera désespérément froide. C’est déjà l’heure d’aller dîner en ville, et d écouter un bon concert de musique locale. Comme les guides indiquent que c’est LE lieu ou il faut être LE mercredi soir à cause DU concert de musique traditionnelle qui ne se donne que LE mercredi, la plupart des plaisanciers qui étaient dans le ferry du matin se retrouvent là, en particulier certains de nos voisins de camping marina.

Le rendez vous du matin étant fixé à 7h45, la soirée se termine relativement tôt (NDR : finalement le vin de Fogo rouge est difficile à boire)